
LE POINT DE VUE DE V. THIBAULT (BIOCOOP)
Biocoop, premier réseau de magasins Bio en France compte environ 260 magasins aujourd’hui. Biocoop est actuellement en forte croissance, avec 30 à 40 nouveaux magasins qui s’ouvrent chaque année. Le réseau travaille au développement de son offre Vin avec Mme Thibault, chargée des contacts avec les fournisseurs de vin: référencement des fournisseurs et recherche de produits. Elle nous donne aujourd’hui son opinion sur le besoin de pratiques de vinification Bio et sa vision du marché des vins Bio
Vous faites référence à la charte de vinification des vins Bio dans vos conditions générales d’achat: quel en a été l’historique?
VT: Biocoop travaille de manière assidue sur les conditions générales d’achat et, sur certains points, a tendance à être plus exigeants que la réglementation.
Le vin a toujours montré des lacunes vis à vis des garanties de vinification, ce qui ne pouvait être acceptable par Biocoop, qui a la volonté d’être totalement transparent sur ses produits et d’autant plus que les amateurs de vin relevaient ce problème très facilement.
A partir des éléments de la Charte, nous avons ainsi définit des conditions générales d’achat pour le vin: un engagement moral de la part du fournisseur.
Quelles sont les exigences des consommateurs vis à vis des vins Bio?
La question de la présence et la teneur en soufre dans les vins est récurrente: il est nécessaire de communiquer sur ce point.
D’autre part, les consommateurs s’attendent à trouver des produits sans OGM en achetant des produits Bio.
Quels sont les réactions des fournisseurs vis à vis de ces conditions générales d’achat des vins?
VT: J’encourage les producteurs à suivre et à adhérer à la Charte mais j’ai eu très peu de réponses de leur part. Ils sont convaincus du vide vis à vis de la vinification bio, mais la possibilité de positionner le logo AB sur les bouteilles, qui est plus parlant que le logo Charte, a beaucoup perturbé.
Quels sont pour vous les avantages de la Charte des vins bio et les critiques qu’on peut lui faire?
VT: La Charte rentre assez dans le détail sur les pratiques de vinification, ceci dit, elle doit évoluer, notamment sur les produits d’hygiène…
Bien qu’elle ait été reçue de façon diversifiée dans le milieu du vin Bio, je l’ai toujours défendue car elle a le mérite d’exister et d’avoir un cadre de contrôle strict.
Quelle est votre projet de communication sur la charte?
VT: Nous raisonnant en tant que distributeur et je cherche à avoir un maximum de producteurs adhérents à la Charte. Lorsque j’ai la garantie d’acheter des vins certifiés selon les règles de la Charte, je souhaite le faire savoir et donc il faut que ça se voit à travers un logo. Les «nouveaux» consommateurs bio sont, en effet, très attentifs aux étiquetages.
Nous allons sortir un nouveau catalogue national sur lequel sera indiqué les mentions relatives à la certification Charte.
Quel est votre sentiment sur l’évolution de la consommation des vins Bio aujourd’hui?
VT: Je suis consciente du marasme des vins et vins Bio, cependant dans le cadre de l’essor des magasins Biocoop et à partir d’une situation initiale un peu faible sur l’offre vin, le marché des vins Biocoop est aujourd’hui en pleine croissance. Les ventes de vin sont en augmentation de 30% depuis 2005 en comparaison à l’augmentation de 26% sur l’ensemble des produits alimentaires Biocoop.
Les consommateurs ont aussi changé: les gens n’avaient pas l’habitude d’acheter du vin Bio auparavant car ils n’attribuaient pas la même rigueur de production par rapport aux autres produits, les tendances changent…..
|