Les Domaines Auriol
Interview Les Domaines Auriol - Nicolas Dutour, œnologue et acheteur vins
Vignobles, marques, partenariats, vinification…Les Domaines Auriol est une maison de négoce très active et couvrant de multiples appellations, pouvez-vous nous expliquer votre fonctionnement ?
Les Domaines Auriol, maison familiale fondée en 1995 par Claude Vialade, combinent trois métiers : producteur en Corbières et en vins biologiques, négociant en crus et châteaux des différentes appellations du Sud de France, et vinificateur en cépages et cuvées assemblées.
La vocation première de cette entreprise est de « réinventer l’artisanat industriel » : le groupe travaille avec 74 caves partenaires dans le vignoble. Son expérience du vignoble et du travail du vin, du commerce et des relations avec des hommes du vin lui ont permis de mettre en place une nouvelle forme de négoce basée beaucoup plus sur la souplesse interactive, et une approche qualitative rigoureuse. Innovateur dans les idées et la pratique, les Domaines Auriol ont créé le « So Light », vin de cépage à faibles calories et faible teneur en alcool. Mais aussi le premier Gewurtztraminer vinifié en Pays d’Oc, issu des premières vignes plantées au lendemain de l’OCM en 2009.
Comment travaillez-vous avec vos différents domaines bio ? Le vin qui a reçu une mention spéciale est produit par le Domaine Gabaron, pouvez-vous nous expliquer la nature de votre travail avec le vigneron ?
Nous avons différentes formes de partenariats avec nos fournisseurs de vin bio. Tous sont suivis par nos protocoles de vinification. Nous passons régulièrement au cours de la vinification pour accompagner le vigneron dans l’élaboration du profil de vin que nous recherchons. C’est la clé de l’obtention de profils qui correspondent à nos marchés.
Nous travaillons le Domaine Gabaron depuis le millésime 2007. Le lien avec ce Domaine est très étroit. Nous avons un contrat pluriannuel avec le vigneron. C’est quelqu’un qui a une grande sensibilité viticole et qui gère son vignoble à merveille. Nous intervenons quant à nous sur les dates de vendanges, la vinification et surtout les assemblages.
Quels sont vos axes de développement pour la gamme biologique ? Comment ces vins sont-ils distribués ?
Notre gamme de vin biologique est aujourd’hui bien structurée, avec le Domaine Montmija en Corbières, les cépages et les cuvées. Notre développement se fait aujourd’hui sur des partenariats avec des vignerons sur les AOC. Nous avons lancé cette année un Costières de Nîmes Domaine du Moulin Piot, médaillé quant à lui au concours Bio Gascogne. Ce développement s’étendra certainement à d’autres AOC en fonction des besoins commerciaux et de nos partenariats.
Nos vins bio sont distribués un peu partout dans le monde, majoritairement chez des cavistes spécialisés bio ou pas, des importateurs et aussi en GD (Allemagne, Hollande, Belgique, Suède, République Tchèque, Japon, USA .
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la filière des vins bio ?
La filière va continuer à fortement évoluer dans les prochaines années. La conversion considérable de surfaces vers l’agriculture biologique a profondément changé le marché du bio dans les deux dernières campagnes. Nous sommes passés d’un marché déficitaire à un marché excédentaire (comme ont pu le montrer les chutes des cours dans les Côtes du Rhône et sur les Pays d’Oc en fin de campagne 2011-2012). La commercialisation de vin bio est en augmentation mais pas de l’ordre de 45% par an ! Nous allons donc vivre un marché bio légèrement excédentaire pendant 3-4 ans le temps que la consommation rejoigne le niveau de production.
En parallèle, le vin est devenu bio est ce n’es pas une mince affaire. Beaucoup de gens ne se sont pas rendu compte de l’ampleur du challenge technique qu’est la vinification bio. Nous avons dû revoir globalement nos protocoles de vinification et nos cahiers des charges. L’évolution des vins bio pour moi sera technique ou ne sera pas. La filière bio est encore relativement éclatée avec des vignerons qui n’ont pas les équipements nécessaires à une bonne conservation des vins bio : chais non isolés, cuverie en fibre à chapeau flottant, pas d’équipement d’inertage, absence de gestion de l’oxygène dissous. Il relève du rêve de penser pouvoir conserver sans altérations des vins logés dans un chapeau flottant, dans un chai non isolé (avec certainement de l’oxygène dissous) avec des valeurs de SO2 libre entre 20 et 25mg/l et sans dépassement de 70-80mg/l de SO2 total ! C’est en effet un maximum pour des rouges destinés au négoce, qui seront chargés en citerne pour être conditionnés avec des valeurs de SO2 libre entre 25 et 30mg/l, et ne pas dépasser les 100mg/l de SO2 total ! Et je ne vous parle là que des vins rouges.
Et Millésime Bio, qu’en attendez-vous cette année ?
Nous devons continuer notre développement sur notre gamme de bio.
Millésime Bio est comme chaque année l’occasion de voir nos clients tôt dans l’année afin de leur réserver les volumes. C’est aussi l’occasion de rencontrer des prospects avec qui nous avons déjà rendez-vous sur le salon. Nous sommes encore peu présents sur certains marchés et nous avons encore une grande marge de développement pour nos vins bio.







